La visite de printemps

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Passation de bureau et transmission des connaissances au cours de la visite de printemps

Comment procéder à la visite ?

  • Première observation : la planche d’envol. L’activité est-elle soutenue ? Les rentrées de pollen sont-elles nombreuses ? Si oui c’est signe que la reine pond, l’élevage est en cours. La planche d’envol est-elle propre, sans déjections ? Dans le cas contraire cela peut être dû à la mauvaise digestion du miellat récolté en quantité importante à l’automne ; un été chaud et un automne clément favorisant sa récolte. Pire encore, si les déjections sont sombres, en grande quantité sur la planche d’envol, que les abeilles manquent de dynamisme, sont incapables de voler ou se réunissant en petits groupes avec les ailes écartées, c’est un risque de nosémose. Si vous avez un doute, prenez contact avec un agent sanitaire de votre secteur.
  • Dans la ruche : On n’oublie pas avant d’ouvrir une ruche d‘avertir les abeilles par un petit coup d’enfumoir à l’entrée. On décolle ensuite délicatement le couvre-cadres en envoyant un peu de fumée par l’ouverture afin de repousser les plus téméraires à l’intérieur. On manipule les cadres avec précaution pour ne pas blesser la reine (c’est facile de la voir à cette époque de l’année, il y a encore peu d’abeilles). On contrôle visuellement s’il y a des œufs, un par cellule, du couvain ouvert (les larves sont visibles) et operculé disposé de manière régulière (voir ci-dessous pour les problèmes liés au couvain). Les réserves de pollen sont généralement suffisantes mais ce n’est pas forcément vrai pour celles de miel. Si elles sont trop faibles (moins de 3 cadres pleins), il faut impérativement compléter avec du sirop.
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Couvain sur la gauche, miel à droite, la reine était en train de pondre sur ce cadre
  • Les jours grandissent, la température augmente et nos abeilles vont suivre l’évolution de dame nature. A nous apiculteurs de les imiter et faire en sorte que nous ne rations pas cette période importante pour la suite de la saison apicole. Tout se joue au printemps, il faut surveiller et contrôler le développement de nos colonies, la ponte de la reine, si besoin la stimuler, mais attention à l’essaimage. Un essaim primaire, c’est 50% des abeilles et une récolte de miel qui s’envole. Pour limiter ce risque nos abeilles ont besoin d’espace dès que la ruche possède 6 à 7 cadres de couvain, bien avant que le dessus des corps du corps ne blanchisse et à l’approche d’une floraison. En somme, il vaut mieux prévoir que guérir ; cependant la pose trop tôt d’une hausse peut fortement freiner le développement d’une colonie. Le volume s’agrandissant d’un coup, les abeilles vont devoir travailler à réchauffer leur ruche, la reine va ralentir sa ponte et ce n’est vraiment pas le bon moment. Il y a un juste milieu à trouver que l’expérience apporte après quelques années. Toutefois, avant la pose des hausses, on n’oublie pas de vérifier la présence de la reine, donc des œufs dans les cellules ; on vérifie aussi qu’il n’y ait pas d’élevage royal en cours (grandes cellules disposées sur les bords des cadres, ou au centre), si on aperçoit de telles cellules il faut les détruire (à condition qu’on ait bien une reine en forme et en ponte).
  • Les derniers traitements contre le varroa doivent être retiré un mois avant la pose des hausses ; il est donc impératif de les retirer lors de la visite de printemps.

Remarque : le marquage des reines pour l’année 2017 est jaune.

La visite de printemps en détail.

  • Une dernière chose : le point d’eau à proximité du rucher. Il est important proposer aux abeilles un abreuvoir intarissable et le plus propre possible. Elles ont besoin d’eau pour élever leurs larves. Une ruche consomme en moyenne ¼ de litre d’eau par jour, voir 0,5 litre en période de sécheresse. Cela mobilise beaucoup d’abeilles qui risquent à chaque fois leur vie. Pour les aider il faut leur donner de quoi se poser à proximité de l’eau, recouvrir la surface d’un récipient avec des bouchons de liège, faire un lit de gravier/mousse, faire tremper une serpillère dans l’eau, etc. L’abreuvoir à volaille avec quelques petites pierres dans le récepteur est une excellente solution. Les abeilles n’oublient pas la position d’un tel point d’eau. Installé tardivement dans la saison ou laissé un certain temps sans eau et les abeilles le délaisseront pour un autre où leur sécurité ne serait être aussi bien assurée.

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Analyse du couvain :

  • Régulier, compact. C’est une bonne reine.
  • En mosaïque : la reine est vieille, il faudra simplement la changer dès que possible.
  • En mosaïque : ce peut aussi être signe de maladie contagieuse. On contrôle alors attentivement tous les cadres de couvain en cherchant la présence de couvain avec un petit trou central. En ayant trouvé un, on enfonce une allumette. Si en la retirant on a un liquide visqueux brun foncé, avec une odeur désagréable, alors c’est la loque américaine. Un autre cas encore : le couvain est affaissé, les larves ne sont que des cadavres noirâtres, luisants et inodores, c’est la loque européenne. Ces deux maladies sont contagieuses ! Pour éviter de les transmettre à d’autres ruches, il faut impérativement désinfecter le matériel ainsi que vos gants. Ensuite c’est l’agent sanitaire de votre secteur qui doit être contacter et qui vous donnera la marche à suivre.
  • Lors de la visite il y aura peut-être des larves momifié (petit « caillou » blanc/gris) en plus ou moins grand nombre. Rien d’inquiétant, c’est une mycose dont l’origine est un champignon qui se développe avec l’humidité. Pour en limiter le développement, il faut que les ruches possèdent une bonne aération, le fond grillagé est à privilégier et qu’elles soient suffisamment éloignées du sol (au moins 40cm). On peut aussi ajouter un peu de javel dans le sirop de nourrissement.
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